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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 11:29

C'est toujours ta vérité intérieure que tu dois suivre,
non ton idée... et encore moins celle d'un autre,
même sous la forme d'une mode ou d'une abstraction...
Ton idée d'ailleurs risque d'être trop nette,
trop ennuyeuse,
ta réalité personnelle est en général plus hésitante,
plus irrégulière,
et il n'y a rien de plus beau que l'imperfection,
à condition qu'elle soit naturelle...
et ton oeuvre sera conduite vers la faille qui est en toi
et qui est tout le charme de ceux qui t'aiment ainsi.
Tu atteindras alors l'oeuvre vraie
qui ne peut être que celle que tu n'as pas voulue.

Yu Fujiwara

La faille en nous...
comme la faille dans cette roche de la Côte de granit rose en Bretagne,
où prend naissance le vivant.




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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 19:29

Bleu du ciel là-haut,

bleu marine comme la mer qui s'étend à perte de vue

bleu indigo des tuniques africaines,

bleu pastel des teinturiers amiénois,

bleu lavande des senteurs du sud,

bleu nuit quand le jour s'endort...

Bleus au coeur, bleus à l'âme,
bleu intense du bleuet devenu bien rare,
bleu gris de nos ciels du nord.
Une couleur qui se décline à l'infini.


Orthodoxie du bleu.

Il va pieds nus derrière le bleu.
Il marchera longtemps vers l'horizon, sous l'abside fortifiée du ciel, pour le grand sacerdoce de la mer et sa liturgie d'algues sombres.
Dans les basiliques de corail, l'infini parfois plie les genoux.
C'est ici le logis incertain des dieux, leur cahute, leur cabane de vent, leur gibier de fer où suspendre la lessive de leurs robes blanches.
L'oreille collée contre le sommeil agité des cieux, la mer écoute et berce un peu le souvenir d'anciennes prières dont les paroles depuis longtemps se sont perdues, loin quelque part au large, au fond de la cervelle des anges.

Jean-Michel Maulpoix, dans Une histoire de bleu

 

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 19:44

Héritage.
Transmission d'un savoir.
Transmission d'une culture.

Décisions absurdes.
Une révolution culturelle en quelque sorte.
Les calligraphes n'ont plus leur place
dans la république d'Atatürk.

Et pourtant,
riche d'un passé,
d'une belle culture ancestrale,
Rikkat, la calligraphe ottomane,
perpétue cet art,
au-delà des décisions arbitraires.

Portrait d'une femme,
ode à la beauté et au divin,
Yasmine Ghata nous emmène

dans un récit plein de grâce et de sensibilité,
qu'elle a intitulé "La nuit des calligraphes".

Un ouvrage que j'ai lu, que j'ai apprécié,
que j'ai partagé avec de nombreux amis.
Si vous ne l'avez pas lu, voici en guise d'avant-goût,
un extrait des dernières pages de ce livre que je vous recommande chaudement.

"Mes rêves cette nuit-là furent foisonnants d'arabesques. Des écritures difficiles à discerner m'entraînaient dans un labyrinthe où les mots et les voix s'entremêlaient. Mon corps devenu léger était happé par une ouverture, je me laissai faire et plongeai dans un espace nu. Un ciel aussi lisse qu'un parchemin, un océan aussi opaque que l'encre, des arbres taillés comme des calames, les instruments de calligraphie du plus Grand."

 

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 19:22

Ecouter le silence.

Le silence du désert,
le silence de la mer d'huile.
Le silence où brille le présent.
Le silence qui nous habite,
qui nous révèle.
Le silence qui est patience,
le silence qui écoute,
le silence qui laisse la place.

Silence pourtant tissé de mille bruits.

Le souffle de l'air dans les narines,
le battement du coeur,

la plume qui se dépose,
l'abeille dans le tilleul,

le bourgeon qui éclôt.

Silence, musique du vivant,
de l'amitié partagée,
de la complicité,
de la compassion.

"Apprenez à écouter le silence : laissez votre esprit écouter et absorber", nous disait déjà Pythagore.

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 19:02

Vendredi, je vous racontais que grâce à Marie-Claude, j'ai découvert un livre de Jean-Marie Kerwich. J'ai tout simplement dévoré ses pages. Et je ne résiste pas à l'envie d'en partager une avec vous, choisie au hasard dans ce recueil poétique et intitulée "Ecrire un poème".

 

"Ce n'est pas facile d'écrire un poème. Creuser la page blanche pour trouver le tendre mot caché dans les profondeurs de l'âme. J'ai beau creuser, je tombe à genoux sur la page, épuisé de chercher cette pensée qui pourrait tant m'aider. La page, cette tranchée où mes pensées lèvent chaque lettre comme une baïonnette. Mais les lettres tombent sous les arbres de l'indiférence. Mon coeur tente de les soulever, mais elles se meurent, avec un regard magnifique vers le ciel, le ciel qui s'agenouille au pied des défunts mots. Le poète porte le blessé sur ses épaules, ces mots qui se battent pour que le bien règne, mais il tombe dans la boue tandis que les écrivains mondains festoient dans les salons littéraires. On a emprisonné les mots salvateurs et fusillé les pensées, mais elles sont mortes dans les bras de leur poète sans aucun regret d'avoir choisi Dieu."

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 08:19

"Je suis habité par un poète.
Ils pensent tous que c'est moi parce que c'est moi qui écris,
mais c'est lui qui jour et nuit m'oblige à supporter ses tourments.
Il prend ma main, la fait glisser sur la feuille,
il pense et j'écris ses pensées sans rien dire."

Jean-Marie Kerwich, L'Evangile du gitan


Photo : Bouriol (Flickr)

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 20:08

Elle était passée sur mon blog
et m'avait recommandé le dernier livre de Jean-Marie Kerwich.
Je m'étais mise à sa recherche.
J'étais revenue bredouille.
Paru en 2008, il est apparemment victime de son succès.
Epuisé, m'a dit mon libraire.

Je lui avais partagé ma déception...
ayant lu de bonnes critiques sur internet.
"Chaque texte du livre de J.M. Kerwich est un paquet d'embruns

qui ouvre violemment la fenêtre de l'âme"

écrit Christian Bobin.

Et voilà que je viens de trouver dans ma boîte aux lettres
une enveloppe en provenance directe de chez elle.

Ce soir, j'entame la lecture, grâce à elle.
Je vous en reparlerai certainement.

Merci Marie-Claude !


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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 19:57


Averses hivernales, gel prolongé...
on en arriverait à être impatient
à force d'espérer des jours plus lumineux
plus doux, plus verts...

Et au fil de mes lectures, je suis interpelée
par une phrase de A. Schoppenhauer :

"Il ne faut pas empiéter sur l'avenir

en demandant avant le temps

ce qui ne peut venir qu'avec le temps."

A méditer...
en attendant le printemps avec patience :

il finira par arriver !

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 20:39
Le jour où j'ai pris mon grand bol d'art, j'ai parcouru la salle de l'exposition temporaire que le musée des Beaux-Arts de Bruxelles consacrait à Jules Lismonde, cet artiste belge disparu en 2001.

Après avoir essayé la peinture à l'huile, il se consacre au dessin. Au dessin noir et blanc : encre, fusain, mine de plomb, gouache... 

"Ma vie artistique a commencé avec un besoin de puissance, pour s'échelonner petit à petit vers plus de transparence, de délicatesse et de musicalité." écrit-il.

Il écrira aussi "La ligne, c'est prodigieux, c'est une musique." et aussi "Je dis souvent que pour moi, une oeuvre est une promenade"

Ph. Roberts-Jones écrit à son propos en utilisant ces mots :
"Traçant les mémoires d'un site, la ligne passe
à l'écoute d'alors
n'entend que l'essentiel
souligne en clair
un écho qui s'étonne et vit."
et un peu plus loin
"L'arc, l'ombre et le portique sont lieux d'accord ou point d'énigme
sur les chemins en devenir
en trajectoire
espace ouvert à nos amours
à nos voyages
la forme éclôt à sa lumière
la ligne invente son royaume
de l'intense à l'accueil."

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 19:19

La terre d'argile
est employée pour tourner,
pour façonner le vase,
mais c'est de son vide
que dépend son usage.

Des murs élevés et cimentés,
un toit ont fait la maison,
la chambre,
mais c'est leur vide qui permet
de les habiter.

La fenêtre est forte et solide
pour empêcher le froid d'entrer,
mais c'est le vide du verre
qui permet à la lumière d'éclairer.

Des bois fins, secs et choisis
ont participé à la construction
du violon, du violoncelle,
mais c'est leur vide qui permet à la musique
de résonner, de s'envoler
entre soupirs, pauses et silences.

Cherche au fond de toi
les espaces de vide
les espaces de silence
les espaces d'envie
qui te permettront de remplir ta vie.

Jean Humenry

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  • : Le blog de Naline
  • : "La beauté n'est pas le joli, elle est le vivant. Est beau ce qui est vivant, ce qui jaillit de la vie, ce qui honore la vie. Au coeur de notre quotidien, tout est sujet à émerveillement et à gratitude. Faire l'expérience de la beauté nous agrandit, ouvre notre coeur à la joie, nous libère du mental et du négatif." Dans ce blog, je fais miennes ces paroles de Brigitte Sénéca.
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