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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 18:23
Dans son ouvrage Avec l'Intime, dont j'ai déjà parlé récemment ici, Frank Andriat consacre tout un chapitre à une méditation sur les fleurs.

"Les fleurs sont le symbole de la vie fragile que j'offre autour de moi. A celles et ceux qui me donnent de la vie, de l'envie, du bonheur. La plus belle fleur est le coquelicot parce que le coquelicot meurt à peine coupé de la source de la vie. Le coquelicot dit l'Intime avec la ferveur de son rouge et il fleurit dans les terres labourées, comme l'Intime pousse dans les coeurs retournés. Si je suis sûr de moi et enfermé dans mes certitudes, mon coeur devient pierre et perd la souplesse de la glaise qui respire. Comme l'Intime, le coquelicot a besoin d'une terre pour s'épanouir. L'Intime n'a qu'une seule terre où chanter son Tu ailé et cette terre, c'est moi."


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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 09:11
Une découverte littéraire de plus,
au cours de ces vacances.
Une méditation sur cette voix qui frémit en chacun de nous.
Une méditation sur l'intime.

Au travers de son ouvrage intitulé Avec l'Intime, Frank Andriat nous invite à mieux écouter cet intime qui parle à notre coeur, malgré les bruits du monde.
Cet intime, certains l'appelleront Vie, Energie, Dieu...

"Parler de l'Intime, c'est parler de l'intérieur, c'est se laisser guider par les mots du coeur et peindre avec eux un tableau qui tente, le mieux possible, d'approcher la réalité d'une expérience silencieuse. Lorsque je me tais enfin, lorsque j'écoute le silence en moi, celui-ci peut devenir parole et m'ouvrir à des espaces que, d'habitude, perdu au milieu des bruits et des distractions de la vie quotidienne, je n'appréhende pas, dont, souvent, je n'ai même pas conscience."

C'est par ces mots que Frank Andriat nous invite à plonger dans ce très beau texte paru en mars dernier aux éditions Desclée de Brouwer, dans la collection Littérature ouverte. A ne manquer sous aucun prétexte !

Frank Andriat est un auteur belge, qui a déjà écrit de nombreux romans pour les adolescents.


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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 18:11
J'en ai passé, de longs moments,
à contempler le flux et le reflux
de cette masse immense.
Masse presque plane à certains moments,
tant le temps était serein.
Bleu marine, certes.
Mais un bleu qui vire
au gré de la lumière, de la marée, de la position du soleil.
D'un bleu sombre, presque gris,
en passant par toute la gamme des bleus
pour terminer vers le turquoise, alors qu'elle laisse paraître les fonds sableux une fois qu'elle se retire.

J'ai passé de longs moments,
à me faire caresser par les doux rayons du soleil,
et à tourner les pages des nombreux livres que j'avais emmenés. Parmi ceux-ci, un recueil poétique, paru en format de poche chez Gallimard, dont je vous avais déjà parlé iciUne histoire de bleu, de
Jean-Michel Maulpoix, dont voici un extrait :

L'un d'entre nous parfois se tient debout près de la mer.

Il demeure là longtemps, fixant le bleu, immobile et raide comme dans une église, ne sachant rien de ce qui pèse sur ses épaules et le retient, si frêle, médusé par le large. Il se souvient peut-être de ce qui n'a jamais eu lieu. Il traverse à la nage sa propre vie. Il palpe ses contours. Il explore ses lointains. Il laisse en lui se déplier la mer : elle croît à la mesure de son désir, cogne comme un bâton d'aveugle, et le conduit sans hâte là où le ciel a seul le dernier mot, où personne ne peut plus rien dire, où nulle touffe d'herbe, nulle idée ne pousse, où la tête rend un son creux après avoir craché son âme.

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 18:59
Je viens d'achever un roman, intitulé Le cercle du karma, de Kunzang Choden, qui raconte la vie de la jeune Tsomo qui quitte sa famille après le décès de sa mère, sous prétexte d'aller célébrer sa mémoire dans un temple.

Voyage à la découverte du Bouthan, ce livre dresse le portrait d'un petit bout de femme qui prend son destin en mains.  
Marcher dans les pas de Tsomo, page après page, suivre le parcours de sa vie, sa quête spirituelle, ses rencontres, ses rêves de femme. Tout cela avec ce petit supplément d'âme qui la fait passer au travers de la misère, des trahisons, de la solitude, de la précarité, avec - malgré tout - ce petit je ne sais quoi d'étincelle de bonheur.

"Beaucoup de ces fleurs qui tombent vont laisser des ébauches de  fruits derrière elles. Pense à tous les grains que nous semons. Contrairement aux êtres humaines, les arbres donnent tout ce qu'ils ont. Il ne gardent rien pour eux-mêmes, savent à quel moment donner et retenir" dit la nonne, souriant avec enthousiasme comme si elle avait lu dans les pensées de son amie.

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 18:18

"Se conformant à l'usage, le futur Ryokan avait cousu lui-même son vêtement, assemblant à tout petits points une série de bandes de coton, suivant ainsi le patron de nos vies, mosaïque de pièces puisées de-ci, de-là, patchwork d'instants reliés les uns aux autres par le fil du temps, ce temps parcouru d'inspiration en expiration, chemin suivi à petits pas jusqu'à l'ultime étape, le fil coupé dans un dernier soupir".

Daniel Charneux, Nuage et eau

Un roman d'un auteur belge, que je viens de lire avec beaucoup de plaisir, qui évoque la vie de Ryokan, moine bouddhiste zen et celle de la moniale Teishin. Un récit d'une grande densité et à la fois empreint d'une grande légèreté et de beaucoup de fraîcheur et de poésie.

... Ce billet, je le dédie à mon amie Dominique,
qui m'a initiée au patchwork, à l'assemblage et au matelassage, grâce à de tout petits points. Au-delà de la technique, elle m'a fait découvrir toute l'histoire de cet art textile et la symbolique de ses motifs traditionnels que les femmes qui partaient vers le Nouveau Monde assemblaient de petits morceaux d'étoffe, puisés de-ci, de-là.

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 07:50

 

"On se souvient de ses rêves : on ne se souvient pas de ses sommeils. Deux fois seulement, j'ai pénétré dans ces fonds traversés de courants où nos songes ne sont que les épaves de réalités submergées. L'autre jour, ivre de bonheur comme on est ivre d'air à la fin d'une longue course, je me suis jetée sur mon lit à la façon d'un plongeur qui se lance de dos, les bras en croix : j'ai basculé dans la mer bleue. Adossée à l'abîme comme une nageuse qui fait la planche, soutenue par la vessie d'oxygène de mes poumons pleins d'air, j'émergeai de cette mer grecque comme une île nouveau-née. Ce soir, saoûle de chagrin, je me laisse tomber sur mon lit avec les gestes d'une noyée qui s'abandonne : je cède au sommeil comme à l'asphyxie."

Marguerite Yourcenar, Feux.

Feux est une suite de nouvelles poétiques qui chantent la passion amoureuse. Marguerite Yourcenar y parle de Phèdre, d'Antigone, de Marie-Madeleine, de Clytemnestre et d'autres figures de notre patrimoine culturel, au travers de leurs passions. Une très belle écriture !

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 18:15


"J'appuie le front contre ma paume, le coude bien planté au bord du monde et, les yeux grands ouverts, je disparais lentement en moi.

Pourtant ma mémoire pèse de tout son poids, cherchant un point d'équilibre entre ce qu'elle tisonne infiniment et ce qu'elle s'obstine à oublier. La conque amie de la main devient alors tiédeur et confidence, que la nuit seule parvient à distraire. Mais déjà au silence de mon corps j'ai gagné une contrée, une terre d'innocence. Et j'attends.'

Gérard Titus-Carmel, Ici rien n'est présent

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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 18:27
"C'est une fenêtre dans une pièce.  C'est la vie lente dans une journée. C'est une fenêtre dans la vie lente. La lumière passe, calme et claire. C'est une lumière de printemps. Elle est douce aux yeux, un peu amère au coeur. Elle est comme un vin un peu jeune, encore vert. Vous la regardez passer pendant des heures. Vous ne savez rien de mieux à faire dans votre vie, que ce regard qui va à l'infini, délivré de lui-même. Il y a une beauté qui n'est atteinte que là, dans cette grande intelligence proposée à l'esprit par le temps vide et le ciel pur. Un arbre appuie son épaule de feuillage contre la fenêtre. C'est un arbre puissant, raffiné. Il s'élève en force dans le ciel. Il obscurcit le jour, il aveugle la pensée. On a besoin d'une seule chose pour connaître toutes choses. On a besoin d'un seul visage pour jouir de tous visages. Un arbre suffit, pour voir. On apprend à voir comme on apprend à marcher après une longue maladie : pas après pas, songe après songe. Un arbre suffit, une feuille de cet arbre, une pensée de cette feuille oubliée dans le soir.  Souvent, avant de vous endormir, vous imaginez ce marronnier dans la nuit soulevée d'étoiles. Dans le temps où vous ne pouvez le voir, vous l'imaginez plus grand encore; C'est dans son ombre que vous écrivez. C'est dans son ombre sur la page que vous apprenez l'essentiel : la beauté, la puissance et la mort."

Christian Bobin, La part manquante.

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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 20:32

Ce soir, je me suis fait un cadeau.

Un livre que je lorgnais depuis longtemps.

Un recueil de photos et de textes.

 Un calendrier perpétuel en quelque sorte,
avec pour chaque date, une photo et un texte.
L'année durant à s'émerveiller devant la richesse et la beauté des arbres !

A la date d'aujourd'hui, un texte de François Jacqmain, Les saisons (poèmes en prose) :

 

"Les ruisseaux se précipitent

vers les fonds.

Ils dressent la généralogie de

la fraîcheur en courant.

Lorsqu'ils meurent, il reste

la source qui les refait

jusqu'au dénouement du tout."

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 19:29

Bleu du ciel là-haut,

bleu marine comme la mer qui s'étend à perte de vue

bleu indigo des tuniques africaines,

bleu pastel des teinturiers amiénois,

bleu lavande des senteurs du sud,

bleu nuit quand le jour s'endort...

Bleus au coeur, bleus à l'âme,
bleu intense du bleuet devenu bien rare,
bleu gris de nos ciels du nord.
Une couleur qui se décline à l'infini.


Orthodoxie du bleu.

Il va pieds nus derrière le bleu.
Il marchera longtemps vers l'horizon, sous l'abside fortifiée du ciel, pour le grand sacerdoce de la mer et sa liturgie d'algues sombres.
Dans les basiliques de corail, l'infini parfois plie les genoux.
C'est ici le logis incertain des dieux, leur cahute, leur cabane de vent, leur gibier de fer où suspendre la lessive de leurs robes blanches.
L'oreille collée contre le sommeil agité des cieux, la mer écoute et berce un peu le souvenir d'anciennes prières dont les paroles depuis longtemps se sont perdues, loin quelque part au large, au fond de la cervelle des anges.

Jean-Michel Maulpoix, dans Une histoire de bleu

 

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  • : Le blog de Naline
  • : "La beauté n'est pas le joli, elle est le vivant. Est beau ce qui est vivant, ce qui jaillit de la vie, ce qui honore la vie. Au coeur de notre quotidien, tout est sujet à émerveillement et à gratitude. Faire l'expérience de la beauté nous agrandit, ouvre notre coeur à la joie, nous libère du mental et du négatif." Dans ce blog, je fais miennes ces paroles de Brigitte Sénéca.
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