Je viens de terminer le beau roman traduit du russe de Youri Rytkhèou,
L'étrangère aux yeux bleus. C'est le récit d'une jeune ethnographe russe qui débarque dans une tribu nomade tchouktche qui élève des rennes. Elle épouse le jeune fils de la tribu et découvre les vertus chamaniques de son beau-père. Lors d'une petite fête, sa belle-mère entonne ce beau chant traditionnel tchouktche :
Le chant naît dans le silence de la méditation
Quand l'âme est à l'écoute de toute chose
Venue avec le vent des hauteurs lointaines
Où la place est libre pour le songe
Si le destin t'offre la vie à l'aube
Prends-la et fais-en un jour lumineux.
Que ta force et ta pensée soient vives comme le renne
De l'aube au doux crépuscule de la mort.
Si des intrus tentent par le verbe ou la force
De changer l'ordre légué par les ancêtres
Ecoute ton coeur et ta raison
Ne laisse pas un vent d'ailleurs
Emporter la fumée tiède de ton âme.