"La beauté n'est pas le joli, elle est le vivant. Est beau ce qui est vivant, ce qui jaillit de la vie, ce qui honore la vie. Au coeur de notre quotidien, tout est sujet à émerveillement et à gratitude. Faire l'expérience de la beauté nous agrandit, ouvre notre coeur à la joie, nous libère du mental et du négatif." Dans ce blog, je fais miennes ces paroles de Brigitte Sénéca.
Par Naline
Partout, tu poursuivis la mer. En plaques, en flaques, couleur de neige ou de soleil couchant, la mer d'un beau gris de ferrailles, d'orages, ou de bidons de lait, d'écailles ou de tôle en hiver. La mer blanche : cheveux de vieille fée, lessives, brouillards trempés, mousse de ciel et de vent. Sa débâcle, ses jeux de quilles, ses vitres brisées, ses caillasses, ses lustres, ses plateaux, ses traces perdues, ses pistes, ses nuits qui s'ouvrent et se referment, ses autres pays rayés de la carte, sa mémoire de ciels rouges et de levers du jour... La mer tout autour et dedans, en bouche, en embouchure, haussant, baissant la voix. Ses croûtes et ses gerçures, ses galettes de sucre, ses traînées de bijoux, ses chapeaux à poils et ses gants de laine, les joues très rouges rasées de froid. En regardant longtemps la mer, tu compris comment bouge le visage de l'homme.
Jean-Michel Maulpoix, L'instinct de ciel
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