"La beauté n'est pas le joli, elle est le vivant. Est beau ce qui est vivant, ce qui jaillit de la vie, ce qui honore la vie. Au coeur de notre quotidien, tout est sujet à émerveillement et à gratitude. Faire l'expérience de la beauté nous agrandit, ouvre notre coeur à la joie, nous libère du mental et du négatif." Dans ce blog, je fais miennes ces paroles de Brigitte Sénéca.
Par Naline
François Cheng, dans Cinq méditations sur la beauté, commente les vers d'Angelus Silesius que j'ai publiés hier :
"Vers connus, admirables devant lesquels on ne peut que s'incliner. En effet, la rose est sans pourquoi, comme tous les vivants, comme nous tous. Si toutefois un naïf observateur voulait ajouter quelque chose, il pourrait dire ceci : être pleinement une rose, en son unicité, et nullement autre chose, cela constitue une suffisante raison d'être. Cela exige de la rose qu'elle mette en branle toute l'énergie vitale dont elle est chargée. Dès l'instant où sa tige émerge du sol, celle-ci pousse dans un sens, comme mue par une inébranlable volonté. Au travers d'elle se fixe une ligne de force qui se cristallise en un bouton, et bientôt à partir de ce bouton, les feuilles puis les pétales se forment, s'éploient, épousant telle courbure, telle sinuosité, optant pour telle teinte, tel arôme. Désormais, rien ne pourra plus l'empêcher d'accéder à sa signature, à son désir de s'accomplir, en se nourrissant de la bustance venue du sol, mais aussi du vent, de la rosée, des rayons du soleil. Tout cela en vue de la plénitude de son être, une plénitude posée dès son germe, dès un très lointain commencement, de toute éternité, dirait-on."
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog