"La beauté n'est pas le joli, elle est le vivant. Est beau ce qui est vivant, ce qui jaillit de la vie, ce qui honore la vie. Au coeur de notre quotidien, tout est sujet à émerveillement et à gratitude. Faire l'expérience de la beauté nous agrandit, ouvre notre coeur à la joie, nous libère du mental et du négatif." Dans ce blog, je fais miennes ces paroles de Brigitte Sénéca.
Par Naline
Long, le long de la Somme.
J'y ai goûté le silence.
Faire silence ce n'est pas faire taire les pensées ou l'inquiétude qui nous habitent (comment y parvenir ?), mais c'est les traverser pour descendre plus profond en soi, sur cette terre intérieure où elles se trouvent privées de leur pouvoir de nous distraire ou de nous déstabiliser.
Faire silence, c'est aller à la rencontre de notre centre de gravité qui n'est pas dans la tête (contrairement à ce que nous pensons en Occident) mais dans notre ventre, ce lieu que les japonais appellent le "hara" et qui est la racine à partir de laquelle nous est donnée la force d'accomplir les gests justes. Faire silence, c'est donc un travail qui commence par le corps et par la respiration et qui demande une conversion de tout l'être. (...)
C'est quand le corps est silencieux, ordonné au seul travail de l'inspir et de l'expir, que le silence gagne les pensées, que l'apaisement survient.
Mais c'est un long chemin de patience, car le corps a besoin de temps pour mémoriser de nouvelles habitudes. Et nous sommes tellement accoutumés à vouloir avec notre tête, alors qu'il s'agit d'écouter ce que nous sentons.
Francine Carillo, Le silence, un artisanat du quotidien.
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