Ta part de ciel comme cette rincée de fleurs ainsi je joncherai de mots
Les sentiers que tu ouvrais devant toi le soleil te chauffant le dos
Lorsque tu t'avançais vers l'ombre sans nom encore pour respirer
A pleins poumons l'air frais du soir jusqu'à la source aujourd'hui tarie
Où tu venais te tremper l'âme je me souviens du cliquetis des pointes
Et du partage des terres âprement gagnées que nous découpions droites
Il n'était que fouillis que cette sylve dépassant le mur de notre enceinte
Tu craignais que la nuit ne l'absorbe comme elle éteint tous les jardins
Du monde à l'heure dite entre chien et loup et qu'elle envoile les corps
Ah qu'était-ce pour moi de palper l'ombre à tes côtés et de débusquer
Au coin de ton regard cet aveu d'innocence de vivre encore debout
Quand je mesurais la fragilité de ces années enserrées dans le rêve fou
D'avoir vécu sur la berge du fleuve alors que d'une seule enjambée
Tu pouvais en franchir le cours le coeur au vent dans le froid par dire
Gérard Titus-Carmel, Ici rien n'est présent
Tanaisie commune, Tanacetum vulgare