"La beauté n'est pas le joli, elle est le vivant. Est beau ce qui est vivant, ce qui jaillit de la vie, ce qui honore la vie. Au coeur de notre quotidien, tout est sujet à émerveillement et à gratitude. Faire l'expérience de la beauté nous agrandit, ouvre notre coeur à la joie, nous libère du mental et du négatif." Dans ce blog, je fais miennes ces paroles de Brigitte Sénéca.
La simple durée suffit à ces structures sûres d'elles-mêmes dans la force comme dans la grâce pour qu'elles confondent en leur croissance la vie et l'art. Publiant le miracle d'une beauté naturelle, d'un même mouvement, elles s'acquittent de vivre et...
La beauté de la nature apaise, console, guérit mais ne prouve rien. La lumière d'un feuillage nous dit bien quelque chose de l'éternel mais précisément elle ne fait que le dire et ne se confond pas avec son dire. Si la nature nous murmure quelque chose,...
François Cheng, dans Cinq méditations sur la beauté, commente les vers d'Angelus Silesius que j'ai publiés hier : "Vers connus, admirables devant lesquels on ne peut que s'incliner. En effet, la rose est sans pourquoi, comme tous les vivants, comme nous...
Elles n'ont pas duré. Tout juste le temps d'être de petites balles, de petits globes lisses et denses, quelques jours ; puis, cédant à une poussée intérieure, de s'ouvrir, de se déchiffonner, comme autant d'aubes autour d'un poudroiement doré de soleil....
Il paraît que c'est l'été. Le thermomètre et le pluviomètre ne semblent pas s'en être rendu compte. Et pourtant... "Il peut pleuvoir et tempêter, ce n'est pas cela qui importe. Souvent une petite joie peut s'emparer de vous par un jour de pluie et vous...
Exprimez en peu de mots une vérité aimable, mais que jamais vos lèvres ne profèrent une vérité hideuse. Dites à la jeune fille dont les cheveux brillent au soleil qu'elle est la fille du matin. Mais lorsque vous rencontrez un aveugle, ne lui dites pas...
La route rectiligne brille de mille artifices, tout comme l'attrait de la vitesse, cette fixation anxieuse sur la proie, la récompense, l'impatience du succès. Ce n'est pas la fin qui nous préoccupe aujourd'hui, mais la manière dont nous l'approchons,...
Prendre au sérieux notre condition humaine, c'est la prendre à coeur, se passionner pour elle, s'y consacrer tout entier, avec une belle énergie, une volonté insatiable d'aller toujours plus avant, plus au coeur, pour parvenir à l'or pur au fond du creuset,...
On dirait qu'il se cache, avec effroi, dans la lumière de l'aurore comme au fond d'une roseraie ; il y respire un tel parfum qu'il lui semble, à sa suite, échapper aux barreaux de la brume. Ah ! comme il la regarde, cette aurore, ce peu de braise dans...
La paix qui émane du paysage te touche à ce point parce qu'elle éveille en toi un lieu similaire, un lieu qui l'accueille et la comprend, un lieu qui lui répond. Sa douceur, son harmonie secrète, sa grâce singulière, ne font que susciter 'intimes correspondances....
Je suis tombée sous le charme de l'écriture de Carole Solvay, une artiste belge qui fait danser les plumes. Grâce et légèreté, son oeuvre aérienne a une fragilité enchanteresse. "Rachis, barbes, calames deviennent les signes d'une érite inscrite dans...
Un été automnal sur les collines tel un poème en prose. La brise est une cadence légère que je sens sans l'entendre dans la modestie des arbustes. L'herbe tend vers le jaune, images en ascèse qui séduisent la rhétorique en se comparant à ses fourberies....
Aujourd'hui onze octobre, à six heures du soir, on voit dressé de nouveau au-dessus des pierres et des fleurs le très haut miroir d'argent dans lequel rien ne se reflète, surtout pas mon visage. J'allume à son pied un feu de feuilles sèches c'est une...
Irruption de la joie balayant un bonheur famélique Bourdonnements d'allégresse, chansons foisonnantes : nous pourrions encore danser sur le fil du jour, aimer un brin d'herbe, ourler une matinée. Le vert des arbres éclate sans contrainte, ardeur du temps...
Des plans rapprochés, à l'abri du vent. Le goémon. Les forêts de goémon luisent dans l'eau claire, elles sont jeunes, on voudrait y refaire sa vie, se coucher de tout son long sur son image dans le miroir et couler jusqu'à un certain point - le goémon...
Le goéland à manteau noir, ce marin du soleil, garde le cap. Sous lui, la mer. Le monde sommeille encore telle une pierre multicolore qui repose dans l'eau. Journée inexpliquée. Des jours - pareils à l'écriture des Aztèques ! La musique. Et j'étais prisonnier...
Tout ce que tu porteras de beau et grand, à travers toi toute l'humanité le reçoit. C'est ainsi qu'elle avance d'âge en âge, par petites percées, saintes patiences qui finissent par prendre. Aussi, ne crains pas de t'éloigner un temps de tes frères. C'est...
Le ciel, - je ne m'en lasse pas d'en parcourir la page unie, d'en goûter l'azur qui ne m'a toujours pas livré son grain subtil, sa saveur dernière... Le ciel... Le grand souffle de l'espace... Le mystère du temps, aussi, tout cela qui murmure l'être que...
Belle rencontre lors de ma balade matinale. Enchantée de la rencontre du paysage blanchi du grand air après une semaine de labeur de ma nouvelle acquisition pour remplacer mon ancien compagnon photographique qui m'avait brutalement lachée... Le héron...
Il y a ceux qui attendent patiemment comme le cygne... et il y a les impatients tels la poule d'eau qui regarde, interrogative... il y en a aussi qui, las, ont eu envie de se dégourdir les pattes... et puis il y a ceux qui découvrent les joies d'être...
Tout est parole, l'arbre, le chemin, les moindres mouvements, les moindres métamorphoses. Tout est visage : la fleur éclose, le grand jour, le bleu, l'espace sans bords. Nous-mêmes - parole sur ce chemin, parole dans le bruissement et le foisonnement...
La prairie respirait paisiblement, avec lenteur, comme un être comblé, et le soleil se roulait sur elle, réjouissant les fleurs, les bêtes, la terre même, et il n'y avait au monde, il n'y avait dans tout l'univers que ces deux êtres venus à la rencontre...
Je regarde chaque jour le monde, comme si c'était la première fois. Alors j'ai suivi ton conseil et je me suis appliqué. La première fois, je contemplais la lumière, la couleur, les arbres, les oiseaux, les animaux. Je sentais l'air passer dans mes narines...
Poivre de muraille, Sedum acre L'habitité qu'ont tout naturellement les enfants, les mystiques et les poètes d'aller et de venir d'un versant du monde à l'autre, de se faire pèlerins des deux mondes, danseurs sur les crêtes, relieurs de berges, constructeurs...
Plongez vos mains dans une rivière. Regardez l'eau qui se heurte à cet obstacle imprévu, sa manière gaie de le tourner. Laissez la fraîcheur monter de vos mains à votre âme. Accroupi, tête vide, comme un enfant devant un grillon, écoutez l'eau qui passe,...