"La beauté n'est pas le joli, elle est le vivant. Est beau ce qui est vivant, ce qui jaillit de la vie, ce qui honore la vie. Au coeur de notre quotidien, tout est sujet à émerveillement et à gratitude. Faire l'expérience de la beauté nous agrandit, ouvre notre coeur à la joie, nous libère du mental et du négatif." Dans ce blog, je fais miennes ces paroles de Brigitte Sénéca.
Marcheur, il n’y a que tes pas Pour faire le chemin où tu vas ; Marcheur, il n’est pas de chemin Que celui que tes pas vont faire. Et quand tes pas font le chemin, Jamais plus tu n’emprunteras Le sillon qui déjà s’efface Lorsque tu regardes en arrière....
Les choses paraissent si simples dans la simplicité du regard qui les porte, comme un arbre debout dans la lumière du jour, mais pour les percevoir dans cette unité, il faut y mettre tant d'attention, tant de recueillement aussi, car leur simplicité nous...
Tous les matins ont une heure de l'ange. Une heure pendant laquelle battent doucement les ailes multicolores de l'annonciateur... Cette heure est toute la bénédiction du jour. Elle est le commencement de tout ce qui est promis, de tout ce qui sera tenu,...
Une nuit, alors que le vert gazon prenait une teinte dorée que les arbres marbrés de rayons lunaires s'élevaient comme de frais monuments dans l'air parfumé, toute la campagne vibrait de stridulations et de murmures d'insectes, allongé dans l'herbe, je...
Il y a dans la nature les fragments d'un alphabet ancien, des morceaux de lettres capitales, des ruisselets d'italiques, de grands espacements bleus de silence. Et parfois, par on ne sait quelle grâce, plusieurs lettres s'assemblent, des mots apparaissent...
Vous regardez autour de vous, vous voyez un pissenlit, et là, vous savez ce qu'il en est du soleil. Parce que la structure est la même. Le pissenlit, à mon sens, est comme un petit frère égaré du soleil. Il aime tellement son grand frère, qu'il s'est...
Douceur, Je dis : douceur. Je dis : douceur des mots Quand tu rentres le soir du travail harassant Et que des mots t'accueillent Qui te donnent du temps. Car on tue dans le monde Et tout massacre nous vieillit. Je dis : douceur Pensant aussi A des feuilles...
A ce propos, j'aime rappeler une remarque d'Henri Maldiney selon laquelle le substantif regard et le verbe regarder sont deux mots que bien des langues peuvent envier au français. Car la combinaison re et garder est riche en connotations. Plus que le...
Pissenlit bien mouillé... Le vent d'est fait pleuvoir pour embêter le promeneur. Le chemin change son sec en boue liquide. Les fleurs dorment. Les saules pleurent. Le printemps est un grand paresseux. Personne ne sait que je suis bien plus paresseux que...
Je cherche la grande douceur, celle que personne n'a jamais vue et dont l'existence ne fait aucun doute car c'est à elle qu'on doit la beauté odorante des jacinthes, la lumière dans les yeux étonnés des bêtes et tout ce qu'il y a sur terre et dans les...
Fruits du millepertuis (...) Tout alors devient bouleversant : le caillou dans la lumière, la tige souple d'une fleur qui balance, comme si l'existence criait, hurlait de cette voix immense et muette qui fait tout l'espace. Nous imaginons mal les liens...
Un rayon de soleil bienfaisant, le jaune lumière des boutons d'or le long du chemin, le chant de la fauvette, la rose éclose sur mon balcon, le sourire de la voisine, le doux parfum des fraises pour le dessert, une suite pour violoncelle de Bach... Mille...
Il n'y avait pas un courtil au bord du village qui n'ait pas un sureau. Et les sureaux ont des amis. Il aimait le sureau : ce goût de sucre sur les grandes grappes plates. Il cassait parfois des branches de sureau et il les sentait à pleine tête. Il les...
Nous avons contourné l'automne, résolus A ne plus mourir de nostalgie, à laisser Les arbres porter haut leur cime, et le pré Dévaler vers l'étang où une feuille, en sa chute Troue le reflet du ciel. Entre racine et feu Nous advenons regard, nous advenons...
Tout - bonheur ou chagrin, paysage ou objet - sort de son* sein, l'homme en est issu comme tout être vivant, et par suite aussi tout ce qu'il fait, pense et voit. Aussi est-il étonnant d'observer notre époque soumettre la vie et le monde à une fonction...
Réséda jaune, Reseda lutea Sur un des terrils du Martinet, les résédas sont en fleurs, pour le plus grand plaisir des curieux et des insectes. Il y a aussi l'histoire de "La Rose et le Réséda", ce poème écrit par Louis Aragon, au temps où la mine était...
Pureté est le mot qui toujours me vient au contact de la clarté de l'air, de la vigueur du vert qui habille la terre jusqu'aux franges de l'azur. Non point une quelconque intention, une mythique innocence que je prêterais à la nature, mais cette nudité...
Force de la fragilité, fragilité de la force... Lorsque nous n'acceptons pas la fragilité de l'autre, c'est que nous sommes nous-mêmes dans la mauvaise fragilité qui peut se résumer en un mot : la peur. Et toutes les peurs se rassemblent en une : la peur...
Comment parler des airs - de cette présence dont ils sont la consonnance la plus sensible ? Comment dire ce qui nous est à la fois le plus proche et le plus lointain, ce qui nous enveloppe et nous pénètre, tout l'invisible, tout l'espace qui fait le monde...
Un simple souffle, un noeud léger de l'air, une graine échappée aux herbes folles du Temps, rien qu'une voix qui volerait chantant à travers l'ombre et la lumière, s'effacent-ils : aucune trace de blessure. La voix tue, on dirait plutôt, un instant, l'étendue...
Pour mieux l'entendre, je t'engage à fermer les yeux un moment, comme on prend du recul, sans quitter ta place sur ce banc, et à descendre avec ton esprit à l'intérieur de ton coeur pour tenter d'approcher ce qui nous définit ou nous distingue comme personne...
L'étoile aux nuances nacrées qui tourne entre tes doigts, ce mauve incomparable, ce fragment de ciel cueilli au talus, cette beauté furtive qui nous ressemble tant, et si fragile, d'une étoffe qu'on n'ose froisser, regarde-la bien : tout l'univers est...
Légèreté du rayon de soleil qui s'est enfin décidé à percer les nuages Légèreté des chants d'oiseaux en concert Légèreté de la cacophonie des rires des batraciens dans la marre Légèreté du doux parfum qui flotte dans l'air annonciateur de tisanes apaisantes...
Je m'abandonne aux lentes heures lucides de ma solitude nourrie de longues méditations Les mots fermentent dans ma terre absorbent un peu de mon sang se chargent de sucs distillés par l'alambic intérieur ils cheminent dans mes veines sous-tendent la gravité...
Tout le silence fulgure en un chant Dans l'éternité d'un jour gris Au creux d'un bois que survolent d'insoucieux nuages Tout le silence gonflé du chant surgi des entrailles de la mésange Rond comme la rotation de l'univers Rond comme un coeur qui bat...