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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 07:33


Hommage à celles et ceux qui ne sont plus là.
Grâce à qui nous sommes là aujourd'hui.
Ils nous ont ouvert le chemin,
et nous avons cheminé avec eux.
Que de bons souvenirs
Encore très vivaces, comme si c'était hier.
Et souvent, des situations anodines nous remémorent leur présence,
ce que nous avons vécu avec eux,
comme s'ils étaient toujours là.
Parce que la vie est plus forte que la mort.
Parce qu'ils sont des poussières d'étoiles qui, de là-haut, veillent sur  nous.

 Aujourd'hui, j'ai envie de vous faire (re)découvrir le beau poème de Lamartine :

Pensée des morts

Voilà les feuilles sans sève
Qui tombent sur le gazon,
Voilà le vent qui s’élève
Et gémit dans le vallon,
Voilà l’errante hirondelle
Qui rase du bout de l’aile
L’eau dormante des marais,
Voilà l’enfant des chaumières
Qui glane sur les bruyères
Le bois tombé des forêts.
 
L’onde n’a plus le murmure
Dont elle enchantait les bois ;
Sous des rameaux sans verdure
Les oiseaux n’ont plus de voix ;
Le soir est près de l’aurore,
L’astre à peine vient d’éclore
Qu’il va terminer son tour,
Il jette par intervalle
Une heure de clarté pâle
Qu’on appelle encore un jour.
 
L’aube n’a plus de zéphire
Sous ses nuages dorés,
La pourpre du soir expire
Sur les flots décolorés,
La mer solitaire et vide
N’est plus qu’un désert aride
Où l’œil cherche en vain l’esquif,
Et sur la grève plus sourde
La vague orageuse et lourde
N’a qu’un murmure plaintif.
 
La brebis sur les collines
Ne trouve plus le gazon,
Son agneau laisse aux épines
Les débris de sa toison,
La flûte aux accords champêtres
Ne réjouit plus les hêtres
Des airs de joie ou d’amour,
Toute herbe aux champs est glanée :
Ainsi finit une année,
Ainsi finissent nos jours !
 
C’est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents ;
Un vent qui vient de la tombe
Moissonne aussi les vivants :
Ils tombent alors par mille,
Comme la plume inutile
Que l’aigle abandonne aux airs,
Lorsque des plumes nouvelles
Viennent réchauffer ses ailes
À l’approche des hivers.
 
C’est alors que ma paupière
Vous vit pâlir et mourir,
Tendres fruits qu’à la lumière
Dieu n’a pas laissé mûrir !
Quoique jeune sur la terre,
Je suis déjà solitaire
Parmi ceux de ma saison,
Et quand je dis en moi-même :
Où sont ceux que ton cœur aime ?
Je regarde le gazon.
 
Leur tombe est sur la colline,
Mon pied la sait ; la voilà !
Mais leur essence divine,
Mais eux, Seigneur, sont-ils là ?
Jusqu’à l’indien rivage
Le ramier porte un message
Qu’il rapporte à nos climats ;
La voile passe et repasse,
Mais de son étroit espace
Leur âme ne revient pas.
 
Ah ! quand les vents de l’automne
Sifflent dans les rameaux morts,
Quand le brin d’herbe frissonne,
Quand le pin rend ses accords,
Quand la cloche des ténèbres
Balance ses glas funèbres,
La nuit, à travers les bois,
À chaque vent qui s’élève,
À chaque flot sur la grève,
Je dis : N’es-tu pas leur voix ?
 
Du moins si leur voix si pure
Est trop vague pour nos sens,
Leur âme en secret murmure
De plus intimes accents ;
Au fond des cœurs qui sommeillent,
Leurs souvenirs qui s’éveillent
Se pressent de tous côtés,
Comme d’arides feuillages
Que rapportent les orages
Au tronc qui les a portés !
 
C’est une mère ravie
À ses enfants dispersés,
Qui leur tend de l’autre vie
Ces bras qui les ont bercés ;
Des baisers sont sur sa bouche,
Sur ce sein qui fut leur couche
Son cœur les rappelle à soi ;
Des pleurs voilent son sourire,
Et son regard semble dire :
Vous aime-t-on comme moi ?
 
C’est une jeune fiancée
Qui, le front ceint du bandeau,
N’emporta qu’une pensée
De sa jeunesse au tombeau ;
Triste, hélas ! dans le ciel même,
Pour revoir celui qu’elle aime
Elle revient sur ses pas,
Et lui dit : Ma tombe est verte !
Sur cette terre déserte
Qu’attends-tu ? Je n’y suis pas !
 
C’est un ami de l’enfance,
Qu’aux jours sombres du malheur
Nous prêta la Providence
Pour appuyer notre cœur ;
Il n’est plus ; notre âme est veuve,
Il nous suit dans notre épreuve
Et nous dit avec pitié :
Ami, si ton âme est pleine,
De ta joie ou de ta peine
Qui portera la moitié ?
 
C’est l’ombre pâle d’un père
Qui mourut en nous nommant ;
C’est une sœur, c’est un frère,
Qui nous devance un moment ;
Sous notre heureuse demeure,
Avec celui qui les pleure,
Hélas ! ils dormaient hier !
Et notre cœur doute encore,
Que le ver déjà dévore
Cette chair de notre chair !
 
L’enfant dont la mort cruelle
Vient de vider le berceau,
Qui tomba de la mamelle
Au lit glacé du tombeau ;
Tout ceux enfin dont la vie
Un jour ou l’autre ravie,
Emporte une part de nous,
Murmurent sous la poussière :
Vous qui voyez la lumière,
Vous souvenez-vous de nous ?
 
[...]
 
Ils furent ce que nous sommes,
Poussière, jouet du vent !
Fragiles comme des hommes,
Faibles comme le néant !
Si leurs pieds souvent glissèrent,
Si leurs lèvres transgressèrent
Quelque lettre de ta loi,
Ô Père ! ô Juge suprême !
Ah ! ne les vois pas eux-même,
Ne regarde en eux que toi !
 
Si tu scrutes la poussière,
Elle s’enfuit à ta voix !
Si tu touches la lumière,
Elle ternira tes doigts !
Si ton œil divin les sonde,
Les colonnes de ce monde
Et des cieux chancelleront :
Si tu dis à l’innocence :
Monte et plaide en ma présence !
Tes vertus se voileront.
 
Mais toi, Seigneur, tu possèdes
Ta propre immortalité !
Tout le bonheur que tu cèdes
Accroît ta félicité !
Tu dis au soleil d’éclore,
Et le jour ruisselle encore !
Tu dis au temps d’enfanter,
Et l’éternité docile,
Jetant les siècles par mille,
Les répand sans les compter !
 
Les mondes que tu répares
Devant toi vont rajeunir,
Et jamais tu ne sépares
Le passé de l’avenir ;
Tu vis ! et tu vis ! les âges,
Inégaux pour tes ouvrages,
Sont tous égaux sous ta main ;
Et jamais ta voix ne nomme,
Hélas ! ces trois mots de l’homme :
Hier, aujourd’hui, demain !
 
Ô Père de la nature,
Source, abîme de tout bien,
Rien à toi ne se mesure,
Ah ! ne te mesure à rien !
Mets, ô divine clémence,
Mets ton poids dans la balance,
Si tu pèses le néant !
Triomphe, ô vertu suprême !
En te contemplant toi-même,
Triomphe en nous pardonnant !

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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 08:37

Escapade lilloise ce vendredi, à la découverte de la superbe exposition temporaire organisée au sein du Palais des Beaux-Arts de Lille jusqu'au 11 janvier 2009, intitulée Echappées Nordiques.

A la fin du 19e siècle, peintres danois, suédois, norvégiens et finlandais arrivent en France à la découverte de l'impressionnisme. Ils sont nombreux ces peintres du Nord à avoir représenté sur leurs tableaux des scènes de la campagne ou des rivages de Normandie, de Bretagne, de la Côte d'Opale... où la lumière est à chaque fois mise en évidence d'une façon tout à fait subtile, tellement belle. Même souci de la lumière sur les portraits et autres scènes familiales.

C'est plus d'une centaine d'oeuvres qui nous sont offertes au regard, peintures, dessins, sculptures, toutes plus belles les unes que les autres. Emouvantes aussi comme cette classe de petites filles apprenant le tricot dans une grange, comme cette fabrique sous la neige en Norvège, comme cette femme qui répare de vieux filets de pêche...

Des noms connus, moins connus... ou inconnus. Les finlandais Albert Edelfelt et Ville Vallgren, les suédois Anders Zorn et August Srindbeg, les norvégiens Edvard Munch et Edvard Diriks, le danois Peter Severin Kroyer et tous les autres. Leurs oeuvres valent toutes la peine d'être découvertes.

Une belle expo à découvrir sans hésitation !

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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 16:18


Verte ville,
même en plein centre.

A l'arrière du quartier des institutions européennes,
s'étend un parc créé à l'occasion du cinquantenaire de la Belgique,
avec sa majestueuse arcadre,
surmontée d'un quadrige de chevaux.
De là haut, la vue est superbe...
par temps clair bien sûr.
Pas comme aujourd'hui,
un vrai temps de Toussaint,
avec son traditionnel crachin froid
et son ciel gris plombé.











Les promeneurs sont rares.
Ils hâtent le pas,
réjouis de profiter de cet écrin de verdure
niché en plein coeur de la ville.












Imperturbable depuis des décennies,
le faucheur poursuit son travail champêtre,
immortalisé grâce au talent de Constantin Meunier,
célèbre peintre et sculpteur bruxellois du 19e siècle.
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 15:58

Bruxelles
Comme toutes les villes, elle est faite d'asphalte et de béton,
mais aussi d'une multitude de vieilles pierres
et d'un grand nombre d'espaces verts.

La vallée de la Woluwe, petit ruisseau au coeur de la ville,
longe une grande artère
lui créant ainsi une ceinture verte,
petit poumon,
pour le plus grand bonheur des affamés de bol d'air.




Le long de la Woluwe, le moulin de Lindekemaele, dont les origines remontent au 12e siècle.
D'abord moulin à grains, il devint à la fin du 17e siècle un moulin à papier.
Au cours de son existence, il lui est arrivé d'abriter une fabrique de tabac à prise puis de chicorée.
Aujourd'hui, c'est devenu un restaurant.

La promenade est belle malgré la fraîcheur qui s'installe.
Les promeneurs hâtent le pas.
Les feuilles crissent sous les souliers.
Un doux parfum d'humidité flotte dans l'air.
Cette fois-ci, l'automne s'installe sérieusement.

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 17:59

"La vie est belle
à qui chaque matin
l'invente puis la chante."

C'est ce que nous rappelle J. Biebuyck.

Le week-end s'achève. Une nouvelle semaine commence. Certains sont en congé ; d'autres contineront à travailler. Quoi qu'il en soit, puissions-nous chaque matin inventer et chanter la vie !

Une bonne résolution pour ces moments de morosité ambiante !
Belle semaine à vous tous qui passez par ici !
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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 09:58


En écoutant le chant du coeur,
Entrer dans la profondeur,
Ouvrir l’espace intérieur,
Peindre le chant de la vie.

En créant le silence du coeur,
Chercher la paix,
Ouvrir l’espace du silence,
Peindre la transparence.

En allumant la flamme du coeur,
Brûler le corps et l’âme,
Pénétrer l’espace et le temps,
Et partir jouer dans l’infini…



L'auteur de ce texte est la peintre coréenne BANG Hai Ja qui a peint ces deux toiles intitulées Transparence I et II.

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 17:51


La sagesse des dieux et des bienheureux ne s'exprime pas par des phrases
mais par de belles images.
Plotin

De belles images, de beaux regards.
Comme par exemple sur cette écorce de platane.
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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 18:45

Rentrant chez moi le 10 octobre, passablement fatiguée par une semaine de travail, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, devant la porte, un superbe bouquet de quelques roses foncées accompagnées d'un magnifique feuillage pourpre.

Un admirateur ?
Mieux que cela !

C'était une fleur pour Marie, une fleur de la part de Marie.

Marie est partie un 10 octobre, il y a cinq ans, emportée par une méchante malaria alors qu'elle avait 28 ans. Depuis, la maman de Marie invite chaque année ses amis à faire un geste "pour qu'elle reste éternellement vivante, souriante et douce et tendre et passionnée" : offrir une fleur.

Et c'est mon amie Arlette qui a déposé devant ma porte ces fleurs "pour Marie".
Près de deux semaines plus tard, ces roses sont toujours là.
Un sourire pour mes soirées.

Merci Arlette, merci Marie, merci à la maman de Marie pour ce geste pour "retendre le fil d'Ariane de nos tendresses".

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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 19:38

Hommage à une très grande dame

C'était son cri du coeur.
Yalla ! En avant !
Jamais elle n'a baissé les bras.
Jusqu'au bout, Soeur Emmanuelle a gardé cette pétillance et cette vivacité d'esprit, même si la fatigue la submergeait de plus en plus.

Femme de coeur et d'action,
elle n'a eu de cesse de porter toute son attention et de partager sa joie de vivre avec les plus petits, les plus démunis, les chiffonniers.

Un grand hebdomadaire qui paraît cette semaine titre "Cent ans d'amour et de joie - la superstar du coeur".

Merci, Madame, pour tout ce beau témoignage d'amour.
Merci.

Alors, Yalla ! Ne restons pas les bras ballants. En avant !




La photo est issue du site de l'association belge les Amis de Soeur Emmannuelle.

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 16:57

"A l'extérieur, j'ai pris la nature pour maître,
et j'ai trouvé la nature dans mon coeur".

Merveilleuse citation d'un peintre chinois du VIIIe s.
La nature constitue pour moi aussi une source inépuisable d'inspiration.

Médiation, inspiration,
comme ces moments passés il y a quelques mois déjà
à Port-Blanc, sur la côte bretonne, entre Paimpol et Perros-Guirrec.
Là aussi, une fois de plus, j'ai trouvé la nature dans mon coeur.

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Published by Naline - dans Nature
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  • : "La beauté n'est pas le joli, elle est le vivant. Est beau ce qui est vivant, ce qui jaillit de la vie, ce qui honore la vie. Au coeur de notre quotidien, tout est sujet à émerveillement et à gratitude. Faire l'expérience de la beauté nous agrandit, ouvre notre coeur à la joie, nous libère du mental et du négatif." Dans ce blog, je fais miennes ces paroles de Brigitte Sénéca.
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